Portrait de femme : Gwenaëlle, sauveteuse à la SNSM

À l'occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, nous vous présentons tout au long de la semaine, des femmes travaillant dans le milieu de la mer. Voici la première :

 

 

Gwenaëlle Le Bris, sauveteuse équipière embarquée à la SNSM de Plouguerneau

 

Comment et pourquoi êtes-vous devenue équipière embarquée à la SNSM ? 

 

J’ai été professeure de français durant quelques années et l’opportunité d’écrire pour le magazine ArMen s’est présentée. J’ai alors souhaité rédiger un article sur la SNSM, sujet qui comptait beaucoup pour moi. Mon projet a plu au rédacteur en chef qui m’a confié un grand angle, soit un dossier de 12 pages sur cette association composée de personnes de bonne volonté. 

En élaborant l’article, je me suis rendu compte que ces hommes et ces femmes, tous bénévoles, étaient des professionnels exemplaires. Et j’ai trouvé leurs valeurs et leur sens du devoir incroyables. Ayant également été infirmière, j’avais un profil de secouriste qui les intéressait. J’ai donc officiellement rejoint leurs rangs en mai 2020.  

Je souhaitais m’investir dans une activité que j’estimais essentielle. Cela requiert du temps ainsi qu’un engagement fort (les bénévoles embarqués doivent notamment résider à moins de 15 min de la station dont ils dépendent) que l’on met tous au service des autres et soulignons-le, bénévolement. Ce qui en fait une cause encore plus noble. 

 

Est-ce que vous rencontrez des difficultés dans vos missions au quotidien et est-ce dû au fait que vous soyez une femme ? 

 

Evidemment, au début, même si j’ai été accueillie avec une extrême bienveillance, il y a eu quelques regards amusés. Je me suis également posé la question « est-ce que je vais pouvoir trouver ma place ? ». J’ai tendance à me mettre beaucoup de pression car ils sont tellement compétents que je n’ai pas envie d’être une charge pour mes collègues. Je suis peut-être une femme mais je ne bénéficie pas de traitement de faveur et surtout, je ne me fais pas de cadeau à moi-même !   

Ils font preuve d’une égalité exemplaire. Je ne suis pas une femme, je suis une équipière secouriste embarquée. D’ailleurs, 13,3% des navigants sont des femmes. Ce sont peut-être les regards extérieurs qui font une différence sur le genre. 

 

Quel conseil pour ceux qui voudraient devenir équipier embarqué ?  

 

J’ai fait mienne cette phrase d’Eric Tabarly : « Naviguer est une activité qui ne convient pas aux imposteurs. En bateau, on sait ou on ne sait pas. » et c’est précisément pourquoi je navigue avec eux : notre entrainement est extrêmement rigoureux, il n’y a pas de place pour l’amateurisme. C’est une réelle vocation, et non rémunéré. Nous avons le devoir d’être compétents. Je prends la mer avec mes collègues parce que ce sont des navigateurs expérimentés. A chaque départ en mer à leur côté, je me sens en sécurité car ce sont des marins aguerris. 

 

Quelle est votre prochaine étape ? 

 

Mon prochain exercice : celui « d’une femme à la mer » !  Je me jetterai à l’eau depuis la vedette à pleine vitesse. J’appréhende un peu ce passage obligé (baptême initiatique pour chaque sauveteur embarqué) mais j’ai une confiance absolue en mes équipiers.  

Souhaitez-moi bonne chance !