Naturally Obscure - Veridis Quo - Polyregard in the dark

Date évènement: 
04/06/16 - 27/08/16
Adresse: 
Centre d'Art Passerelle Brest
Description: 

Naturally Obscure

Pensée en relation à l’exposition « Vernacular Alchemists », présentée au centre d’art contemporain Passerelle durant l’été 2014, « Naturally Obscure » n’en est pas pour autant une suite logique.
Là où le premier volet revisitait des formes de culture vernaculaire, des traditions folkloriques, païennes ou paganistes et permettait d’élaborer de véritables mythologies, ce second opus s’ancre dans une toute autre réalité, a priori moins propice à l’évasion.
En effet, plus de vingt-cinq ans après les grands espoirs hérités de la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide, force est de constater que les événements ont pris une tournure pour le moins inattendue, bien loin des lendemains qui chantent qui avaient été annoncés.
En lieu et place s’est imposé un monde fragmenté, divisé, souvent au bord du chaos, comme en témoignent les événements survenus en France et en Belgique ces derniers mois.

Veridis Quo

Chaque film que fait Lola Gonzàlez invente celui d’après. L’ensemble dessine une obsession, comme un rêve qui n’en finit pas de revenir, nuit après nuit, et qui a son influence pendant le jour.

Le point de départ est toujours le même.
Quatre personnes, dix, parfois plus, vivent recluses loin des villes. Impossible de savoir qui elles sont, ni ce qui les retient ensemble. Déserteurs, utopistes, mercenaires endoctrinés ?
Mais qu’importe après tout de comprendre ce que leurs actions préparent.
Supposons plutôt que leur seule exigence soit celle d’apprendre à vivre ensemble, de s’accorder intuitivement pour s’approcher au plus près d’une juste coexistence.
Ce qui compte, c’est le rapprochement. Ils forment une bande qui s’oppose et se substitue dans le même temps au reste du monde. L’apparente légèreté qui se dégage des premiers films « entre copains » s’est évaporée au profit d’un désir plus ouvert sur le monde.

Polyregard in the dark

Anita Gauran visite des musées et des sites archéologiques munie d’un appareil argentique.
De retour dans l’atelier, pas de photoshopage ni d’impression numérique donc, mais un travail patient dans la chambre noire dont elle ressort des épreuves qu’elle a révélées de ses propres mains.
Si on rencontre des bustes antiques et des bas-relief médiévaux, l’œuvre d’Anita Gauran n’est pas anachronique mais au contraire, militante.
En effet, son attitude est singulière au sein d’une génération qui poursuit intensément la pratique de l’appropriation d’images maintenant que toutes sont disponibles sur le web : ce catalogue infini de colonnes grecques qui jalonnent étrangement l’esthétique dite « post-internet ».